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Pâté de venaison aux groseilles et épices douces
Pourquoi ce plat ? Hobbes passa l'essentiel de sa vie au service des Cavendish, comtes de Devonshire, dont les parcs de Hardwick et de Chatsworth regorgeaient de cerfs. La venaison était la viande de prestige par excellence : un pâté de gibier marquait les grands jours de la maisonnée qui l'employait.
Un imposant pâté en croûte garni de venaison épicée, relevée de groseilles séchées et d'un soupçon de sucre. Le mariage sucré-salé-épicé caractéristique des tables nobles anglaises de l'époque baroque.
Le cerf, voyez-vous, n'est point viande de marché : il vient du parc d'un seigneur, et c'est faveur que d'y goûter. Chez Mylord de Devonshire, l'on mortifiait la venaison quelques jours, puis on la couchait dans une croûte épaisse comme un coffre, avec des groseilles de Corinthe, du macis et un peu de sucre, car nous aimions que le salé et le doux se fissent la guerre dans la bouche. On scellait le couvercle de beurre fondu pour la garder bonne longtemps. Un tel pâté, monsieur, c'est un petit Léviathan : sa croûte est le rempart, et la paix règne au-dedans.
- •Venaison (cuissot de cerf ou de chevreuil) — une belle pièce (viande)
- •Graisse de bœuf (suif) — un morceau (moelleux)
- •Groseilles de Corinthe séchées — une poignée (douceur fruitée)
- •Macis, muscade, clou de girofle, poivre — une pincée de chaque (épices)
- •Sucre — un peu (sucré-salé)
- •Farine, beurre, eau pour la croûte épaisse — ce qu'il faut (pâte coffre)
Pâté de venaison aux groseilles et épices douces
Un imposant pâté en croûte garni de venaison épicée, relevée de groseilles séchées et d'un soupçon de sucre. Le mariage sucré-salé-épicé caractéristique des tables nobles anglaises de l'époque baroque.
Pourquoi ce plat ? Hobbes passa l'essentiel de sa vie au service des Cavendish, comtes de Devonshire, dont les parcs de Hardwick et de Chatsworth regorgeaient de cerfs. La venaison était la viande de prestige par excellence : un pâté de gibier marquait les grands jours de la maisonnée qui l'employait.
Le cerf, voyez-vous, n'est point viande de marché : il vient du parc d'un seigneur, et c'est faveur que d'y goûter. Chez Mylord de Devonshire, l'on mortifiait la venaison quelques jours, puis on la couchait dans une croûte épaisse comme un coffre, avec des groseilles de Corinthe, du macis et un peu de sucre, car nous aimions que le salé et le doux se fissent la guerre dans la bouche. On scellait le couvercle de beurre fondu pour la garder bonne longtemps. Un tel pâté, monsieur, c'est un petit Léviathan : sa croûte est le rempart, et la paix règne au-dedans.
Ingrédients (version d’époque)
- Venaison (cuissot de cerf ou de chevreuil) — une belle pièce (viande)
- Graisse de bœuf (suif) — un morceau (moelleux)
- Groseilles de Corinthe séchées — une poignée (douceur fruitée)
- Macis, muscade, clou de girofle, poivre — une pincée de chaque (épices)
- Sucre — un peu (sucré-salé)
- Farine, beurre, eau pour la croûte épaisse — ce qu'il faut (pâte coffre)
Ingrédients
- Épaule de chevreuil (ou bœuf maturé à défaut) — 600 g (viande)
- Beurre — 150 g (croûte) + 30 g (moelleux/pâte)
- Raisins de Corinthe — 60 g (douceur fruitée)
- Macis, muscade, girofle moulu, poivre — 1/2 c. à café au total (épices)
- Sucre — 1 c. à café (sucré-salé)
- Farine — 350 g (pâte)
- Sel, 1 œuf (dorure) — 1 pincée + 1 œuf (assaisonnement/finition)
Préparation
- Préparez une pâte épaisse (hot-water crust) : faites fondre 150 g de beurre dans 150 ml d'eau chaude, versez sur 350 g de farine salée, pétrissez en pâte souple.
- Coupez la venaison en petits dés, mélangez aux épices, au sucre, aux raisins de Corinthe et au sel.
- Foncez un moule profond aux 2/3 de la pâte, garnissez de la viande, parsemez de noisettes de beurre.
- Couvrez du reste de pâte, soudez les bords, percez une cheminée, dorez à l'œuf.
- Enfournez 1 h 45 à 170 °C. Laissez tiédir avant de trancher pour que la garniture se tienne.
Comment on faisait : Le « venison pasty » est l'un des plats les plus prestigieux de l'Angleterre des Stuart. La croûte épaisse, parfois non destinée à être mangée, servait de récipient de cuisson et de conservation : scellée au beurre, elle gardait la viande plusieurs jours.
Le twist contemporain : Dressé en part individuelle avec une gelée de groseille acidulée à côté : la tension sucre-salé que Hobbes connaissait, version assiette de gastro contemporaine.
Sources : Robert May, The Accomplisht Cook (1660) · Gervase Markham, The English Huswife (1615)
Thomas Hobbes · Charactorium





